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Françoise Favarel, directrice du CAUE de la Haute-Garonne

Portraits de celles et ceux qui font le réseau CAUE

Archives Figures de réseau

FIGURES DE RÉSEAU / Portrait de Françoise Favarel

« Il faut de la conviction pour faire avancer les choses » explique Françoise Favarel, directrice du CAUE de la Haute-Garonne. « La conviction est l’essence même du métier en CAUE pour promouvoir un cadre de vie du quotidien de qualité ». Françoise Favarel s’est toujours investie de façon militante au service de la qualité de l’architecture, des espaces publics, des paysages. Pendant dix ans membre de l’Ordre des Architectes — en charge des questions urbaines et en relation avec les ministères —, représentante de l’OPQU et du CFDU à l’échelon local et national, enseignante à l’école d’architecture de Toulouse ou dans une école de génie civil… Françoise a toujours su concilier sa vie professionnelle et son engagement pour la promotion de la qualité au bénéfice de tous.  Toujours à l’interface entre les politiques régaliennes et des collectivités locales, Françoise a également agi comme architecte conseil de l’État, jusqu’en 2020. « C’est là aussi que j’ai développé le sens de l’écoute et de la pédagogie, qui seront les clés pour travailler en CAUE ».

D.R.

Avant de rejoindre le CAUE de la Haute-Garonne, Françoise Favarel a codirigé pendant près de 25 ans une agence privée d’architecture, d’urbanisme et de paysage. Les marchés avec les collectivités territoriales lui ont fait connaître les territoires dans leur diversité mais aussi les préoccupations des élus et les enjeux de la qualité des aménagements ou des espaces publics.  « À l’époque, les équipes pluridisciplinaires étaient plutôt rares. L’agence avait des architectes, des géographes urbanistes, des paysagistes… » se souvient-elle. C’est pendant cette période de sa vie professionnelle qu’elle devient fidèle aux CAUE. « Je me suis très souvent appuyée sur eux pour promouvoir la qualité des projets auprès des maîtres d’ouvrage ». L’agence n’avait pas toujours l’oreille des élus locaux. Le CAUE se chargeait de faire passer les messages. « Pour faire de bons projets, il faut une bonne maîtrise d’ouvrage. Il faut une acculturation des élus, mais aussi, de plus en plus, des citoyens. Le CAUE sait faire cela ».

En arrivant à la direction du CAUE de la Haute-Garonne en 2016, Françoise retrouve la dimension militante qui la caractérise : l’investissement de l’équipe, la force de conviction, le sens du lien. « Le CAUE est un bon levier, c’est un lieu idéal pour faire évoluer les choses ». À peine arrivée au CAUE, Françoise souhaite aussi s’inscrire pleinement dans le réseau CAUE, à l’échelon régional — en s’impliquant dans les travaux de l’union régionale ­—, comme au niveau national — elle est membre de la Conférence technique permanente, organe de réflexion et de proposition de la Fédération nationale qui rassemble les directeurs représentants de toutes les régions.

« L’échelle régionale est majeure pour les CAUE. C’est là où se trouvent les acteurs des grandes politiques territoriales. C’est à ce niveau d’action que les CAUE doivent aussi s’organiser pour mutualiser et pour accompagner les projets du territoire ». Les CAUE d’Occitanie sont particulièrement actifs dans les grands programmes de paysage ou de revitalisation des bourgs centres… « Nous avons la chance d’avoir une union régionale structurée et reconnue » estime Françoise. Lors de la fusion des deux régions administratives Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, l’élargissement de l’union régionale n’a pas été sans difficultés, mais il a finalement réussi. « Cette première phase est passée et l’union régionale est aujourd’hui un organe de représentation et de mutualisation efficace ». L’Occitanie regroupe 13 CAUE. Trop nombreux pour agir ? Trop compliqué pour être visibles ? Bien au contraire ! Pour Françoise, « travailler à 13 CAUE, c’est une richesse et c’est finalement très représentatif de la diversité des types de territoires ». Avec la nouvelle région Occitanie, ce sont aussi de plus gros moyens pour mettre en œuvre des politiques territoriales. « Dans ce contexte, il nous faut ne pas louper le coche et faire valoir ce qui est notre force et nos spécificités : le conseil et la sensibilisation, le dialogue, la pédagogie, le savoir… ». Les CAUE(s) d’Occitanie sont aujourd’hui bien identifiés pour l’accompagnement des dispositifs régionaux auprès des collectivités de leurs départements.

Au croisement de la pédagogie et de la sensibilisation

Avec le département, Françoise souligne que « nous avons réussi à ne pas être uniquement assimilés aux services habituels d’ingénierie territoriale. Nous sommes bien dans l’accompagnement des démarches citoyennes qu’il encourage, avec un investissement particulier auprès des jeunes. Nous accompagnons le département dans ses grandes politiques de transition écologique et de paysage ». Avec l’agglomération de Toulouse, qui dispose d’une agence d’urbanisme, le CAUE est plutôt concentré sur le rural et le périurbain. « Mais c’est là que les enjeux sont sans doute les plus forts ! Le monde rural manque d’ingénierie et le périurbain est constitué de zones très sensibles, très disparates. Le CAUE y a son rôle à jouer » précise Françoise. Dans ce contexte, le CAUE de la Haute-Garonne, avec son équipe de 17 personnes, assume pleinement son rôle, au croisement de la pédagogie et de la sensibilisation… « même si nous sommes constamment débordés avec une très forte demande d’accompagnement de la part des collectivités ! ». Heureusement, pour mener à bien les ambitions du CAUE, Françoise Favarel peut compter sur sa présidente, Ghislaine Cabessut, très investie dans le CAUE et avec qui elle forme un binôme efficace. « C’est une militante dans l’âme qui porte avec beaucoup de conviction les missions et les valeurs du CAUE. Nous sommes dans un échange très constructif avec un réel partage tant dans le positionnement du CAUE que dans les perspectives et stratégies à développer ».

Pour affirmer son rôle d’acteur culturel ancré dans le territoire, le CAUE s’est engagé, avec l’Ordre des architectes et la Maison de l’architecture, dans un projet enthousiasmant, pour offrir au public un lieu unique : la Cour Baragnon, un lieu d’exposition, de conseil et de médiation culturelle, véritable vitrine pour l’architecture, l’environnement, le paysage, le design… Le CAUE s’est porté acquéreur, avec ses partenaires, du bâtiment de l’ancien Espace Croix-Baragnon à Toulouse qui sera profondément reconfiguré. Très ouvert sur la ville, le lieu abritera un espace de conseil mais aussi un café / librairie, un espace d’exposition et une salle pour une vraie programmation culturelle avec conférences, concerts…

Ce lieu au service de tous sera aussi un centre de ressources, un lieu d’entreposage de la mémoire du territoire. Le CAUE est aussi une affaire de continuité, de suivi et de mémoire : Françoise se souvient, lorsqu’elle était en agence, d’avoir été en visite dans une petite commune, dont les élus avaient perdu toute trace d’un ancien projet. C’est le CAUE local qui était venu à leur rescousse en leur rappelant le passé et le vécu de leur propre territoire.

Quelle autre structure mieux que le CAUE pour abriter cette mémoire des territoires ? L’avenir nous le confirmera.

Y.H.

[publié le 19/05/2021]
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