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Rénovation énergétique : partition à plusieurs mains et sur mesure

RETOUR SUR Les Assises de la transition énergétique

énergie et climat

La massification était sur toutes les lèvres aux Assises européennes de la transition énergétique qui se tenaient à Bordeaux les 28, 29 et 30 janvier. Au point parfois d’en oublier la qualité architecturale du bâti, le confort, l’adaptation aux usages… Des questions directement abordées lors du grand atelier organisé par la FNCAUE sur « Énergéticiens et architectes mobilisés pour concilier rénovation énergétique et préservation architecturale du bâti » et animé par Élodie Vouillon, directrice du CAUE de la Gironde.

Concilier ces différents enjeux implique au préalable de se rencontrer et de confronter les savoir-faire. C’est l’enjeu du nouveau label Effinergie patrimoine. « Pour nous, avant d’être un label c’est surtout un outil », décrit Samuel Courgey de l’association Arcanne et du collectif Effinergie. Les projets sont expertisés et sélectionnés par un collectif de professionnels : des spécialistes du patrimoine, des énergéticiens, des architectes… (dont des représentants des CAUE). L’enjeu est de croiser les disciplines et les expertises. « Techniquement on sait comment procéder pour nombre de bâtiments, plus encore si l’on accepte de faire évoluer la façade. On peut massifier la rénovation énergétique de plusieurs typologies de constructions . Pour les autres bâtiments, il faut du sur mesure ! », insiste-t-il. Le collectif a le souci permanent de tendre vers « une rénovation BBC compatible » avec le patrimoine et ses spécificités.

Atelier « Énergéticiens et architectes mobilisés pour concilier rénovation énergétique et préservation architecturale du bâti » animé par Élodie Vouillon, directrice du CAUE de la Gironde (à gauche) et lors de l’intervention de Franca Malservisi (au micro), historienne de l’architecture du CAUE du Val-de-Marne (image FNCAUE)

Croiser les regards c’est également le credo de l’initiative de la Drac Ile-de-France, présentée par Franca Malservisi, historienne de l’architecture du CAUE du Val-de-Marne. Une instance de dialogue a été mise en place avec la Drac, les ABF et les CAUE d’Ile-de-France pour « améliorer le bâti existant remarquable mais également le bâti ordinaire ». Des études approfondies de plusieurs typologies de bâtis – tels les HBM de Paris – sont mises en commun. Les fonctionnements thermiques sont étudiés au même titre que les usages et la qualité patrimoniale. « Nous obtenons des résultats bien plus intéressants qu’avec des calculs issus de modèles standards », souligne l’architecte.

« Plus le bâtiment est spécifique plus il est fragile. Et la rénovation énergétique de type bouteille thermos ne peut pas être la réponse », confirme Samuel Courgey. Selon lui, « il faut un chef d’orchestre pour ces projets, en particulier un architecte ».

Recomposer avec les habitants

Il faut également des maîtres d’ouvrages investis et conscients de la qualité intrinsèque de leur patrimoine. La régénération de 530 logements de l’opération Grand Parc à Bordeaux en est une très belle illustration. « Notre rôle a été de faire comprendre qu’il ne fallait pas tout démolir, mais se mobiliser nous leur donner une deuxième vie », décrit Irène Sabarots, directrice générale adjointe d’Aquitanis (office public de l’habitat de Bordeaux métropole). La finalité première de ce projet des architectes Lacaton & Vassal était « la qualité d’habiter et de nouveaux usages, en embarquant les habitants ». De nouvelles surfaces ont été créées via « la greffe de jardins d’hiver en double beau sur les façades sud ». Le confort d’été a été amélioré ainsi que les performances énergétiques. « On repart sur un cycle de logements neufs », se réjouit-t-elle.

Croiser les regards, les disciplines… mais également les financements ? C’est notamment là que le bât blesse, confirme Hubert Briand, responsable du pôle efficacité énergétique des bâtiments de la Banque des territoires. « Nous sommes le financeur traditionnel, mais actuellement nos financements ne permettent pas d’associer énergie, architecture et patrimoine. Or, si l’on veut véritablement massifier, il faut répondre à cette question ». Et l’enjeu est de taille sachant « qu’un tiers du bâti est concerné ». Pour Hubert Briand, il y a « une prise de conscience de la qualité architecturale et d’une nécessaire réflexion en coût global ».

C.R. (FNCAUE)

Intervention du président de la FNCAUE, Joël Baud-Grasset, lors de la conférence de presse AMORCE-CLER-FLAME-FNCAUE (photo FNCAUE)

Une conférence de presse à 4 voix…
pour sauver le Service public de la performance énergétique de l’habitat.

A l’occasion de cette 21e édition des Assises européennes de la transition énergétique , les réseaux AMORCE, CLER Réseau pour la Transition Énergétique, FLAME et FNCAUE ont co-organisé une conférence de presse sur les transformations qui touchent à l’accompagnement des ménages dans leurs travaux de rénovation énergétique.

télécharger le communiqué de presse AMORCE-CLER-FLAME-FNCAUE

Le SPPEH doit rester un service public local pour pouvoir jouer son rôle de tiers de confiance” . Il doit également être déployé sur l’ensemble du territoire comme cela était prévu par la loi de transition énergétique.

Nicolas GARNIER, délégué général d’AMORCE

L’État propose un cadre a minima qui n’est pas incitatif pour les collectivités. Dans ce contexte, les collectivités volontaires et qui en ont les moyens pourront proposer un service de qualité́, mais les territoires moins engagés ou soumis à des contraintes budgétaires risquent de ne pas développer de service public à destination des particuliers.

Marie-Laure LAMY, co-présidente du CLER-Réseau pour la transition énergétique

Nous approuvons les dispositions nationales en vue d’une massification de la rénovation des logements dans un contexte d’urgence climatique et de contraintes budgétaires des ménages. Toutefois, la garantie de qualité (des travaux, de l’architecture…) ne doit pas être sacrifiée au nom de la quantité.

Joël BAUD-GRASSET, président de la FNCAUE

Nos collectivités, qui se sont engagées vis-à-vis de l’État à ne pas augmenter leurs dépenses, ne peuvent assumer seules le financement de ce service avec les nombreuses contraintes et incertitudes actuelles. Comment assurer la pérennité́ du service et des compétences sur nos territoires dans ces conditions ?

Pierre VERRI, président de FLAME

[publié le 30/01/2020]
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